Violences faites aux femmes : Le viol au centre d’une journée d’élaboration d’un programme de plaidoyer

28062010

Dans le cadre de son programme de lutte contre les violences faites aux femmes, le Wildaf/Mali, avec l’appui du PAREHF2, a organisé au Mémorial Modibo Kéïta (Bamako, Mali) une journée d’élaboration d’un programme de plaidoyer contre le viol. La cérémonie d’ouverture de cette journée a été marquée par deux discours prononcés par la présidente de Wildaf/Mali, la Coordinatrice du PAREHF2, et la présentation du rapport d’enquête sur le viol dans le District de Bamako en octobre 2006. C’était en présence des personnes ressources.

Les femmes, considérées depuis la nuit des temps comme des êtres inférieurs à l’homme, ont toujours été victimes de discriminations qui ont pris souvent la forme de violences commises à leur égard, à savoir, les violences physiques tels que les coups et blessures, d’avortement, de mutilations génitales féminines, d’exploitation sexuelle des fillettes, de proxénétisme, de trafic d’enfants, de meurtre de femmes et de filles.
Dans notre pays, le constat est qu’au moins un cas de viol est relaté chaque semaine et cela dans chaque numéro de journaux de faits divers. Ce qui veut dire que, en tenant compte de leur nombre et de leur périodicité, au moins 300 cas de viol sont commis par an au Mali.
C’est pourquoi la Présidente de WILDAF/Mali, Mme Sidibé Djénéba Diop, après avoir remercié l’assistance pour avoir pris part à la cérémonie, a expliqué que le phénomène de viol au Mali augmente alors qu’aucune coutume, tradition ni loi du Mali ne l’autorise et que la population majoritairement (toutes classes et origines confondues), reconnaît le viol comme une violence faites aux femmes. Toute chose qui l’a incitée à dire que ce traitement particulier fait au viol au Mali doit être mieux analysé pour le bien des femmes et jeunes filles.
Elle a, par ailleurs, ajouté que c’est dans le souci de corriger les insuffisances du mal que WILDAF/Mali a donc initié une enquête en collaboration avec le programme d’appui pour le renforcement ‘‘Equité Hommes Femmes’’ (PAREHF2). Il s’agit, entre autres, la méconnaissance du phénomène, sa perception erronée, l’indifférence, voire même la tolérance de la société face à ce fléau et surtout l’impunité face aux cas de viol.
Pour bannir ce fléau, Mme Djénéba Diop a préconisé l’implication de tous afin que les femmes et jeunes filles jouissent de leur indépendance.
Quant à la coordinatrice du PAREF2, le thème, tenu qui est le viol, est d’une importance capitale quant on sait qu’il peut être source de propagation des maladie tels que les MST et le VIH Sida. Pour elle, il faut une prise de conscience générale en la matière pour mener à bien le programme de plaidoyer.
Mme Bouaré Bintou Founé Samaké, en présentant le rapport, a tout d’abord noté que l’enquête, initiée par le WILDAF/Mali avec l’appui financier du PAREHF2, a pour but de favoriser une meilleure connaissance du phénomène du viol dans le District de Bamako afin d’inciter à une prise de conscience générale face à la recrudescence des cas de viol.
A en croire Mme Bouaré, l’objectif spécifique est d’identifier les secteurs qui expliquent et favorisent la recrudescence du phénomène, les causes du silence autour du viol, les causes de l’impunité massive du phénomène afin d’établir une base de données sur le viol dans le District de Bamako

Pourquoi le choix du District de Bamako ?
A expliqué Mme Bouaré Bintou Founé Samaké du WILDAF/Mali, parce que Bamako, capitale du Mali, est l’agglomération urbaine la plus importante du pays en pleine croissance démographique. Ce qui bouleverse considérablement les quartiers, leurs modes de vie et les relations entre les habitants.
Selon le rapport présenté par Mme Bouaré, il apparaît que les victimes de viol ne sont pas assez souvent considérées comme de réelles victimes par la communauté malienne en général, mais plutôt comme une honte à cacher. Il est donc urgent de prendre des dispositions concrètes d’accompagnement des victimes (administratives, juridiques, médicales, psychologiques) pour les protéger et des dispositions d’information (campagnes médiatiques), pour sensibiliser les jeunes et la communauté malienne sur le droit de l’enfant et de la femme, sur l’aspect criminel du viol puni par la loi malienne, sur une éducation sexuelle favorisant une maîtrise de soi.
Elle a par ailleurs expliqué la conclusion fondamentale par rapport au phénomène du viol qui est la suivante : il faut agir très professionnellement en organisant une stratégie commune regroupant avec la société civile et les professionnels, médecins, fonctionnaires de police et magistrats.




Les facteurs de la violences au Mali

28062010

La violence se retrouve à tous les niveaux de la société malienne mais à des ampleurs et formes différentes. Ainsi, chaque ethnie a une forme de violence qui lui est spécifique.
Presque toutes celles du sud pratiquent les mariages forcés, le lévirat, les mutilations génitales féminines, les violences économiques, etc. Mais l’abandon de femme pour raisons d’exode est plus développé chez les Soninké ainsi que le sororat, le viol chez les Peuhl nomades, etc. Des formes de pratique de la religion musulmanes favorisent la discrimination dans le partage de l’héritage, la séquestration des femmes, les mutilations génitales féminines, certaines formes de veuvage, etc.
Quand on prend une localité, la violence se retrouve au sein du foyer, du quartier, du village, de l’école, des lieux de travail et de loisirs, etc. et est infligée à la femme et la fille par des auteurs à rôles et statuts sociaux divers
La violence envers les femmes est influencée par les attitudes et les valeurs sociales qui font de l’homme un être naturellement supérieur à la femme. Selon les croyances, il est du droit de l’homme et de sa responsabilité de contrôler le comportement des femmes. Ce qui est considéré comme acceptable est défini par l’homme et promu par la société et tout refus de la femme de se fondre dans ce comportement social acceptable donne lieu à la violence.
Certains facteurs contribuent à augmenter le taux de violence au Mali :
Les facteurs tenant à l’attitude des femmes elles-mêmes ou à leur statut :
En matière de violences faites aux femmes la loi du silence règne pour plusieurs raisons :
- Analphabétisme et méconnaissance par les femmes de leurs droits
- Pesanteurs socioculturelles (peur des victimes de perdre une situation ou un avantage)
- Pression de la société qui demande invariablement à la femme d’encaisser pour que ses enfants soient bénis ou qui perçoit mal une épouse qui traîne son mari devant le tribunal
- Sentiment de peur et de culpabilité chez la victime qui préfère garder le silence
- Pauvreté : la justice coûte cher. Beaucoup de femmes téméraires abandonnent la partie en cours d’instance, faute d’argent ou d’assistance judiciaire;
- Faiblesse du statut de la femme au sein de la famille, de la communauté et de la cité.
Les facteurs tenant aux autorités chargées de la protection et de la répression
- Manque de professionnalisme (demander à la femme d’aller remettre la convocation elle-même à la personne qui l’a agressée)
- Absence de conscience professionnelle (interroger la femme victime de viol en présence d’autres personnes)
- Lourdeurs administratives et judiciaires (négliger sur un banc une femme qui vient porter plainte ou la faire revenir plusieurs fois)
- Corruption des agents chargés de la répression (inciter la femme à retirer sa plainte ou à trouver un compromis avec l’auteur de la violence, la soumettre à chantage)
- Mauvaise réceptivité des agents par rapport aux droits des femmes (demander à la plaignante d’aller régler le problème en famille)
- Faiblesse des peines infligées aux auteurs
- Existence de vides juridiques
- Impunité.




La violence au foyer : un phénomène universel

25062010

La violence au foyer est un phénomène universel. Les statistiques de la Banque mondiale montrent qu’au moins 20% des femmes dans le monde ont été victimes de violences physiques ou d’agressions sexuelles. 

La psychiatre Marie-France Hirigoyen explique que la violence physique n’est que la partie émergée  de l’iceberg, la violence est avant tout un mode de relation basé sur la domination, l’humiliation et le contrôle d’un être sur un autre. La violence physique vient de temps en temps pour concrétiser cette domination. Il ne faut surtout jamais croire que les personnes victimes de ces violences sont consenties, ces victimes sont majoritairement des cibles de manipulations mentales, et il n’est pas si facile pour elles de s’en échapper, il faut savoir que avant toute violence physique il y a une violence psychologique qui souvent n’est pas prise en compte. 

Une des raisons pour laquelle les femmes victimes d’inhumanité ne partent pas, est la progressivité de la violence. Cette dernière alterne durant longtemps avec des phases de repentir, de promesses et de gentillesse, ou bien d’explications de la part de l’homme violent : « J’ai une vie difficile », « c’est l’alcool qui me pousse a faire ça »… Une autre raison est celle appelée le “Syndrome de Stockholm” qui fait que lorsqu’un homme violent, un tortionnaire devient soudain gentil, sa victime se met à prendre son parti. Une autre explication vient de ce qu’on nomme L’impuissance apprise. Selon une expérience américaine pratiquée sur des étudiants volontaires qui ont subi des violences aléatoires, ils renoncent peu a peu  à se défendre et ne cherchent bientôt plus à s’échapper, même si on leur en donne la possibilité ! C’est pour ces raisons qu’aider une femme à s’en sortir et lui offrir des solutions dès le début des violences  est plus efficace. 




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16062010

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